David, handicapé : sa chienne d'assistance privée de cinéma (octobre 2005)
Un jeune handicapé en fauteuil roulant s'est vu interdire l'accès à un cinéma parce qu'il était accompagné de son chien d'assistance. Il est inséparable de sa chienne, même pour aller au cinéma!
ILS ne se quittent plus. Eux trois forment un tout. Il y a le jeune homme, son fauteuil et le chien ! « Se voir refuser le cinéma, on ne comprend pas ! »
Le fauteuil est adapté. Le chien aussi. Tous deux au service du jeune homme. 22 ans, il est handicapé moteur grave. Sa chienne d'assistance est spécialement éduquée. Elle obéit à cinquante-trois ordres. S'il arrive quelque chose à son maître, elle aboie. « Elle n'aboie que sur ordre, uniquement pour appeler de l'aide ou lorsque je suis en difficulté ».
L'animal d'assistance appartient à Handi'chiens. Il est normalement autorisé à suivre le jeune homme dans tous les lieux ouverts au public:« Il fait ses besoins sur ordre, donc avant d'entrer dans un lieu public. Il peut se retenir une journée entière ».
Pourquoi lui, et pas les autres ?
Et lorsque le jeune homme va au cinéma, la chienne, avec son sac à dos dans lequel se trouvent notamment tous ses papiers d'identités, se couche aux côtés de lui et ne bouge plus.
Pourtant la chienne et son maître, amateurs de salles obscures, et ce jour-là accompagné de la mère du jeune homme, n'ont pu rentrer au cinéma. A cause du chien. C'était le mois dernier.
On lui aurait fait valoir que lui accorder ce privilège ferait boule de neige « Si on accepte pour vous, tout le monde viendrait avec son animal » lui aurait-on spécifié. Le jeune homme n'a pas compris, d'autant que le mois précédent, lui et la chienne avaient pu accéder sans problème, à ces salles.
La maman, ne comprend pas non plus : « Le gérant m'a dit que si j'étais avec son fils, celui-ci n'aurait pas besoin de sa chienne. Or, je ne vais pas au cinéma en tant que tierce personne, mais en tant qu'individu qui paie sa place à part entière ! »
Elle a pourtant argumenté : « J'ai fait part à ce monsieur que la chienne entrait dans les hôpitaux. Il m'a répondu que les hôpitaux étaient des lieux publics différents. Quand je lui ai dit que pourtant au mois d'août, nous avions pu entrer dans les salles avec la chienne, il m'a répondu que ce n'est pas parce que son assistante avait fait une erreur qu'il fallait que cela continue ».
Dépôt de plainte
Le jeune homme aujourd'hui a porté le dossier devant la justice. Lui et son avocat devraient s'appuyer sur un article paru au journal officiel le 12 février dernier : « L'accès aux transports, aux lieux ouverts au public, ainsi que ceux permettant une activité professionnelle, formatrice ou éducative est autorisé aux chiens d'assistance accompagnant les personnes titulaires de la carte d'invalidité prévue à l'article L.241-3 du code de l'action sociale et des familles ».
L'article précise par ailleurs que : « la présence du chien d'assistance aux côtés de la personne handicapée ne doit pas entraîner de facturation supplémentaire dans l'accès aux services et prestations auxquels celle-ci peut prétendre ».
En attendant que la justice se prononce et si rien n'est réglé d'ici là, le jeune homme ira voir la sortie du nouveau Zorro dans d'autres salles obscures.
Là-bas, son chien d'assistance pourra assister aux exploits du vengeur masqué.
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