Une jolie golden retriever de 2 ans, au poil sable, se dirige résolument vers le placard, ouvre la porte à l'aide d'un cordon, en extrait un plat qu'elle dépose sur les genoux de son éducatrice, installée dans un fauteuil roulant. Au mot "pousse", elle referme le placard d'un coup de museau. Elle est en fin d'apprentissage au centre de Saint-Brandan, en Bretagne, qui accueille une vingtaine de chiens et les séances de travail en salle ont lieu deux fois par jour, durant une trentaine de minutes.
Exercices suivants : la chienne ramasse la télécommande tombée à côté du lit médicalisé sur lequel s'est étendue l'éducatrice et la lui tend; puis elle se saisit délicatement de lunettes posées au sol avant de les déposer dans la main de son éducatrice. A chaque exercice réussi, elle est flattée de la voix, cajolée et reçoit une friandise. "Il y a trois façons de récompenser les chiens: leur parler gentillement, ajouter une caresse ou donner une croquette", explique son éducatrice. Associer les trois permet, dans le cas où son futur maître aurait des difficultés à le caresser, du fait de son handicap, d'utiliser la voix. Seul habilité à donner des ordres, même si une tierce personne l'assiste au quotidien, le jeune handicapé doit avoir toute autorité sur son chien qui ne doit s'attacher qu'a lui.
Pour que l'alchimie fonctionne, il fallait des chiens sociables et affecteux, aux capacités d'adaptation exceptionnelles. Les labradors et golden retrievers réunissent ces qualités. "Ils ont le gabarit pour atteindre un comptoir de banque et ce sont d'excellents rapporteurs", ajoute la directrice du centre. Les chiots inscrits au Livre des Origines Françaises (LOF) sont soumis, à l'âge de 7 semaines, à des tests permettant d'écarter ceux jugés trop craintifs, agressifs ou trop indépendants. C'est à 2 mois que sont séparés de leur portée les chiots achetés par l'association. Ils sont alors confiés à une famille d'accueil, qui fera leur éducation jusqu'à 18 mois, avant de rejoindre un des centres Handi'chiens, puis être remis, au bout de six mois, à un enfant ou un adulte handicapé après un stage de 2 semaines.
Durant leur apprentissage, les chiens sont largement préparés à une vie sociale. Les grandes surfaces où ils sont emmenés dans la journée n'ont pas de secrets pour eux. Habitués au bruit, à la foule, aux voitures, rien ne doit les surprendre et leur faire perdre leur sang-froid. Il en va de la sécurité de leur maître, qui leur accorde une confiance absolue.
Lorsqu'ils rejoignent leur "école", les chiens connaissent déjà une trentaine de commandes enseignée par leur famille d'accueil. Au centre, ils en assimilent encore plus d'une dizaine pour en maîtriser 52 au final et pouvoir ainsi seconder leur maître au quotidien. Avec lui, ils poursuivent leur éducation et sont capables d'apprendre encore de nombreuses choses. Mais leur apparente bonne nature et leur capacité à assimiler les ordres ne suffisent pas toujours à en faire de parfaits chiens d'assistance : 30 à 40 % des chiens qui entrent au centre sont "réformés".
"Un chien qui tire sur sa laisse ne peut pas être remis à un handicapé, ce serait trop dangeureux", souligne la directrice. "Parfois c'est un défaut physique (par exemple, une malformation des articulations) qui le fait exclure, précise le gardien du centre. Avant de venir à Saint-Brandan pour veiller sur les chiens nuit et jour, le gardien et les siens ont été l'une des premières familles d'accueil de Bretagne. Le gardien partage vaec les éducatrices la même passion pour l'association. Une équipe qui ne ménage pas ses efforts, se relaie le week-end au centre, et réussi la prouesse de faire de simples chiens joueurs et affecteux, d'indispensables et infaillibles auxiliaires de vie pour des personnes privées d'autonomie.
Pélerin vous invite à aider financièrement l'association Handi'chiens qui éduque des chiens d'assistance capables d'aider dans la vie quotidienne des enfants et parfois des adultes handicapés (les Coeurs d'Or Pèlerin)
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