"Handicapés: un chien pour changer leur vie"
Quatre chiens sont en formation dans quatre familles d'accueil . Ces chiens sont destinés à devenir les compagnons de personnes handicapées en fauteuil.
Un d'eux, un jeune labrador noir, est un élève doué. À quatorze mois, il sait déjà ouvrir et fermer les portes, rapporter nombre d'objets et se tenir tranquille, ce qui n'est pas la moindre de ses prouesses pour une race si exubérante. Et ce n'est qu'un début. À la fin de sa formation - dix-huit mois au sein de sa famille d'accueil, plus encore six mois dans un des centre spécialisés -, il aura assimilé 53 commandes. Comme prendre des clefs dans sa gueule, des livres ou une paire de lunettes. Décrocher le téléphone. Chercher la télécommande. Voire même - le fin du fin - saisir un oeuf cru sans le briser.
“ Eduquer un chien est un engagement. J'en suis à mon cinquième”
«Éduquer un chien de l'ANECAH, Association nationale d'éducation de chiens d'assistance, devenue Handi'chiens est un engagement, relève une famille d'accueil. J'en suis à mon cinquième. J'ai démarré il y a dix ans avec une chienne golden, la seule que j'ai eue». Cette personne est aujourd'hui devenue déléguée régionale Handi'chiens, qui chapeaute un petit noyau de quatre familles d'accueil. Une fonction qu'occupe aussi une autre personne de, organisatrice il y a quatre ans, de la première remise de chiens d'accompagnement . «Je suis venue à l'Anecah, dit elle, après avoir pris une grosse claque. En l'occurrence, une grave crise de paludisme dont a été victime notre fille, alors âgée d'un an et demi, en Afrique. Elle s'en est sortie. Ça a été le déclencheur». Si chaque famille d'accueil a ses propres raisons, il y a comme dénominateur commun une extrême disponibilité, consentie bénévolement. «S'occuper de mon troisième chien, n'est pas une contrainte, loin de là. Mais il faut être là tous les jours», observe une autre famille d'accueil. Sa motivation est double: l'amour des chiens et l'envie d'être utile. La récompense mais aussi une part de déchirement seront au bout de l'apprentissage, quand le chien sera remis, gracieusement, à son nouveau maître, à l'issue d'un stage international, comme de la région s'apprête à accueillir. La consigne express: investir affectivement, sans aller jusqu'au fusionnel. Un équilibre que n'a pas réussi à trouver certaines familles d'accueil.
“ 700 labradors et goldens ont été remis en quinze ans à des personnes en fauteuil”
«Pour moi, dit cette dernière, me séparer de mon chien, le premier et seul chien d'accompagnement que j'aie élevée, a été un crève-coeur». Depuis, elle offre sa capacité d'amour et de patience comme maîtresse de dépannage. En quinze ans Handi'chiens a offert 700 chiens à des personnes à mobilité réduite. Parmi celles-ci, une majorité de handicapés mais aussi les pensionnaires de cette structure, où un labrador noir , depuis trois ans, fait des merveilles. Pour le directeur, les animaux de compagnie jouent un rôle tellement bénéfique auprès des personnes âgées qu'il préconise leur introduction dans un maximum de maisons de retraite médicalisées. Des vertus thérapeutiques avérées, même si elles se heurtent encore à des réticences. Mais - comme a sans doute dû se dire Marie-Claude Lebret quand elle a créé l'Anecah en 1989 - il faut un début à tout.
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